
L'église conventuelle des Frères Mineurs Saint-Antoine de Padoue et le couvent adjacent forment un ensemble néogothique construit entre 1868 et 1873, sur base des plans de l’architecte Pierre Joseph Hubert Cuypers (1827-1921), par la Congrégation des Pères Conventuels de Saint-François qui l’occupe encore aujourd’hui. Implantée à l’ouest du couvent avec lequel elle dessine un plan en L enserrant un jardin, léglise présente une nef haute longée de bas-côtés de travées doubles qui se prolongent, au-delà de la croisée, de trois travées pour former le chœur à chevet plat. Au niveau de la croisée, une amorce de bras de transept s’avance vers le jardin. A l’intérieur, la nef haute sélève sur trois niveaux : les arcades en arc brisé sont surmontées d’un triforium puis d’un niveau de baies. Les espaces sont couverts de voûtes en pierre et éclairés par des lancettes groupées par quatre. La croisée est quant à elle coiffée d’une voûte octogonale sur pendentifs.
A cette architecture rationnelle correspond un ensemble décoratif conçu par Cuypers complexe et de qualité exceptionnelle : peintures murales illustrant l’Eucharistie et l’histoire de l’Ordre des Franciscains et de ses saints patrons (1891), mobilier utilitaire ou liturgique, polychrome et doré, et sculptures (1871-1893) : retable néogothique dédié à St-Antoine, bancs de communion, confessionnaux, orgue de style romantique, statue de St-Antoine... La plupart de ces éléments sont issus de l’atelier d’art religieux « Cuypers et Soltzenberg ». Egalement construit par Cuypers, le couvent adjacent à léglise constitue aussi, par ses façades rythmées de lésènes en arc brisé et ajourées de lancettes et de baies jumelées, un très bel exemple de l’architecture néogothique.
Généralité
La Communauté des Frères Mineurs conventuels est venue s’installer dans le quartier pour soutenir la paroisse de Notre-Dame du Bon Secours. En juillet 1862, elle occupe une maison rue de Bodeghem et célèbre les offices dans une chapelle rue de la Caserne dès août 1862. Un terrain est acheté rue d’Artois où les rues étaient encore à réaliser, mais une chapelle sera inaugurée pour Pâques 1863. Toutefois le quartier était en pleine expansion et la construction d’un lieu de culte plus vaste fut décidée en avril 1868 par le Chapitre. Les plans seront dessinés par l’architecte amstellodamois Cuypers, et la première pierre posée en septembre 1868. Le style devait s’inspirer du gothique du XIIIe siècle et, en novembre 1871, l’église était achevée à l’exception de la tour lanterne achevée ensuite et qui aura une hauteur de 32,5 mètres. L’église, dédiée à Saint-Antoine de Padoue, s’inscrit dans un parallélogramme de 43 x 23 mètres, murs extérieurs compris. Une partie du mobilier qui y a pris place, comme le maître-autel, a été réalisé dans les ateliers Cuypers-Stoltzenberg de Roermond. L’intérieur a été embelli de mobilier de style néogothique, et de nombreuses peintures murales sont toujours visibles aujourd’hui malgré l’importante couche de poussière et de suie de bougie. Il faut également remarquer les nombreux vitraux en fenêtre ou en rosace. L’église est implantée à l’ouest du couvent avec lequel elle dessine un plan en L enserrant un jardin. Elle communique directement avec le couvent et un passage couvert précédé d’un portail (1871) la rend accessible depuis la rue d’Artois. L’église fut construite entre 1868 et 1872/1873 d’après les plans de l’architecte Pierre Joseph Hubert Cuypers. Elle fut consacrée en 1876 mais la tour de croisée ne fut exécutée qu’entre 1887 et 1888 sous la direction du fils de l’architecte, Joseph Cuypers (1871-1949). Le style néogothique de l’église résulte d’une synthèse entre l’architecture gothique d’Ile de France du XIIIe siècle et de l’architecture romano-gothique rhénane. Ce style est typique des premières églises que dessina Cuypers. L’église, couverte d’une toiture d’ardoises, est construite en briques et agrémentée d’un décor simple en pierre bleue. Elle s’élève sur de vastes et hautes caves voûtées en briques qui surélèvent la nef par rapport au niveau de la rue ; ces caves étaient réservées aux activités des Pères de la congrégation. En plan, l’édifice présente une nef haute longée de part et d’autre de bas-côtés de travées doubles qui se prolongent, au-delà de la croisée, de trois travées pour former le chœur à chevet plat. Au niveau de la croisée, une amorce de bras de transept s’avance vers le jardin. A l’intérieur, la nef haute s’élève sur trois niveaux : un niveau d’arcades en arc brisé surmonté d’un triforium puis d’un niveau de baies. Les espaces sont couverts de voûtes en pierre et éclairés par des lancettes groupées par quatre. Les groupes de quatre lancettes sont surmontées d’un oculus dans la nef haute, et sont surmontées d’une rosace dans le chœur et au niveau du pignon du croisillon. La croisée est quant à elle coiffée d’une voûte octogonale sur pendentifs et ajourée à la base d’arcades triples surmontées de baies jumelées sommées d’un oculus. Les lancettes et la rosace du chœur ont reçu de très beaux vitraux qui reprennent des scènes de la vie de saint Antoine de Padoue. Ils ont été réalisés dans le célèbre atelier « Maréchal et Champigneulle » de Metz (1872). Le style et les couleurs choisies- dominance du rouge et du bleu – renvoient à l’art du vitrail gothique français. Les vitraux du transept et de la nef haute ont été réalisés par un atelier de Roermond, « F. Nicolas en Zonen » (1891) qui travailla à plusieurs reprises pour Cuypers ; c’est l’atelier « Cuypers et Soltzenberg » de Roermond (1891) qui réalisa les vitraux de la Chapelle Saint-François. Le décor intérieur, de qualité exceptionnelle, se compose d’un ensemble de peintures murales (exécutées en 1891), d’un mobilier (‘utilitaire’ ou liturgique) et de sculptures. Il fut réalisé entre 1871 et 1891 d’après un vaste programme iconographique conçu par Cuypers.